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Je n'ajoute pas un mot au message de Fadhela veuve Belkhechir

Je n'ajoute pas un mot au message de Fadhela veuve Belkhechir......
Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Au souvenir la place qui lui est due !
Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Lorsque Fadéla Belkhenchir, la veuve du professeur en pédiatrie Djilali Belkhenchir, assassiné le 10 octobre 1993 à El-Biar, au sein de l’hôpital qui porte aujourd’hui son nom, regrette la démission d’acteurs importants de la société civile, elle en a le droit parce qu’elle sait de quoi il en retourne. Voici ce qu’elle m’a adressé comme message il y a quelques jours.
«Il faut remercier Cherifa Kheddar et Nazim Mekbel de s'obstiner à maintenir vivante la petite flamme du souvenir. Si la réponse à la question que vous posez est évidente, en revanche celle de savoir pourquoi les journalistes ont déserté le terrain de la mémoire me paraît plus préoccupante. Je me suis toujours étonnée que cette corporation, qui a payé le plus lourd tribut dans la catégorie ‘‘attentats ciblés’’, qu'on a dû protéger dans des hôtels sécurisés, se soit désintéressée des collègues assassinés que, pourtant, au bord des tombes, elle a juré de ne jamais oublier. A ce propos, j'ai, un jour, posé la question à l’un de vos confrères. j'ai appris, avec stupeur, qu'au niveau de sa rédaction, en tout cas, nul répertoire informatique n'avait été tenu de toutes les exactions commises durant ces années effroyables... C'est Nazim Mekbel qui essaie, vaille que vaille, sur la page Ajouad (sur Facebook), de faire ce travail de recensement et de mémoire tout en militant pour l'instauration de la date du 22 mars, journée nationale pour la mémoire des victimes du terrorisme.
Je m'imaginais, naïvement, que les journalistes auraient à cœur de publier la photo, la date, le lieu de l'assassinat de leurs collègues à chaque fois que de besoin, sans rien ajouter d'autre qui pourrait tomber sous le coup de la loi de ‘‘réconciliation’’. Mais j'avoue que j'ai perdu tout espoir en leur fidélité, en voyant avec quelle facilité et quelle abdication devant le pouvoir ils se sont laissés déposséder de la ‘‘place de la Liberté de la presse’’. J'ajoute que les rédactions se sont tellement ‘‘bunkerisées’’ que je dois recourir au ‘‘piston’’ pour faire paraître un rappel de l'assassinat de mon mari et que, la plupart du temps, je préfère payer en passant par le service des annonces.»
M. B.
13/11/2017

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